Étude sur l’activité, la rentabilité et la solvabilité des assureurs santé-prévoyance

En 2024, l’assurance santé et prévoyance (incluant les garanties décès) est le premier risque assuré en France. Il représente 84,5 milliards d’euros de primes en affaires directes, dont 47,2 milliards en santé et 37,3 milliards en prévoyance.

Voici quelques extraits de cette étude, plus spécifiquement sur l’assurance santé. L’intégralité de l’étude et de ses annexes est à retrouver sur le site de l’ACPR.

Les dommages corporels constituent la première activité en assurance non-vie avec près de 50 % des primes acquises représentant 68 milliards € sur un total de 137 milliards :

  • 47 milliards d’euros de remboursements des frais de soin et biens médicaux au titre de l’activité d’assurance santé complémentaire des organismes d’assurance ;
  • 21 milliards d’euros d’autres dommages corporels recouvrant les incapacités temporaires (arrêts de travail) mais aussi les risques liés à la dépendance, l’invalidité …

Les organismes d’assurance spécialisés en santé / prévoyance améliorent fortement leur performance technique en 2024 :

  • +7,2% de primes, toutes lignes d’activités confondues, soit 53,7 milliards d’euros ;
  • + 4,3% de prestations, un niveau plus élevé que l’inflation, mais inférieur à celui des primes ;
  • 1,7 milliard d’euros de résultat technique, en hausse de 600 millions (soit +50%), porté par les mutuelles.

La hausse des primes en santé est en partie liée à une hausse du nombre de contrats et en partie à une hausse des tarifs, qui marque un rattrapage après plusieurs années de progression inférieure à l’inflation.

Le résultat technique en assurance santé se redresse en 2024, en individuel comme en collectif

Le résultat technique redevient positif en 2024, avec 790 millions d’euros après -130 millions d’euros en 2023.
L’amélioration de la rentabilité technique bénéficie à l’ensemble des types d’organismes d’assurance (tableau 3)

Assurance santé individuelle : Hausse du résultat technique en 2024 (1,23 Md€ après 670 M€ en 2023), les primes acquises (+7,1%) progressent plus que les prestations (+4,6%)

Les mutuelles, premiers acteurs avec 59% de part de marché sur les primes, améliorent le plus fortement leur résultat technique (+440 M€), suivi par les sociétés d’assurance (+120 M€). Leur ratio de résultat technique s’établit à 5,8 % pour les mutuelles et 4,4 % pour les sociétés d’assurances en 2024 (graphique 2). Il était
respectivement de 2,7 % (mutuelles) et 3,3 % (assurances) en 2023.
Les sociétés d’assurance voient leurs primes progresser de 10% en 2024, soit le double de la progression des mutuelles (+5 %). Le ratio de sinistralité moyen est un peu plus élevé chez les mutuelles que chez les sociétés d’assurance : respectivement 78 % et 75 %. Les sociétés d’assurance se distinguent par un niveau élevé des
charges de provisions (330 M€ en 2024).
Les frais de gestion des sociétés d’assurance sont eux largement supérieurs à ceux des mutuelles (21 % contre 16% en moyenne). Les entreprises d’assurance affichent des frais d’acquisition particulièrement élevés de 13 % contre 7 % chez les mutuelles. Les frais d’administration sont eux comparables avec respectivement 8 % pour les entreprises d’assurance et 9 % pour les mutuelles

Assurance santé collective : la perte technique est quasiment divisée par deux en 2024 passant de -800 M€ à -440 M€ grâce à une activité dynamique (primes en hausse de 9,3 %)

Le marché de la santé collectif est beaucoup plus ouvert : les sociétés d’assurance sont leaders avec 43 % des primes, mais les mutuelles et les institutions de prévoyance sont aussi des acteurs significatifs avec 28 % et 29 % du marché.
La rentabilité des contrats collectifs est inférieure à celle des contrats individuels, en lien direct avec le ratio de sinistralité. Le ratio de sinistralité9 moyen est plus élevé sur les contrats collectifs que sur les contrats individuels, avec un écart qui est de 13 points chez les sociétés d’assurance et 14 points chez les mutuelles. Les institutions
de prévoyance ont le ratio de sinistralité le plus élevé à 91 %, suivies par les mutuelles à 90 % et les sociétés d’assurance à 88 % (cf. graphique 4). Les frais de gestion sont plus faibles en collectif (12 % en moyenne, tous organismes) qu’en individuel (17 %).
Les sociétés d’assurance reviennent à l’équilibre en 2024, avec un ratio de résultat technique de +0,4%, tandis que les mutuelles enregistrent une perte technique de -4,2 % (après -6,2 % en 2023) (graphique 2)

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